Serge JAMGOTCHIAN, sergologie@gmail.com, 7 mars 2026, sur la base d’une contribution pour le congrès de la société internationale d’ergologie (SIE), 4-5-6 juin 2026, Cnam, Paris
Mon soutien actif au Manifeste pour une démocratie du Travail, s’illustre à travers l’organisation de deux rencontres-débat en présence de Thomas Coutrot : à Valence (le 6 mai en collaboration avec l’UD CGT de la Drôme) ; à Aouste-sur-sye (le 7 mai). Ces initiatives militantes s’inscrivent dans le cadre des activités de l’association ça m’travaille dont je suis un des contributeurs.
En revanche, il conviendrait de questionner la réception du Manifeste dans des milieux de travail peu visibles sur la scène de la conflictualité sociale et syndicale. Il s’agit par exemple des organisations du champ de l’Economie Sociale et Solidaire. Plus précisément qu’elle peut être la réception du Manifeste dans les structures associatives de la branche sociale et médico-sociale à but non lucratif ? Ces établissements et services dont la vocation est de soigner (le cure) et de prendre soin (le care) des personnes vulnérables - jeunes et moins jeunes - n’échappent pas au délitement des collectifs de travail et aux effets du « management par le chiffre » (T. Coutrot, C. Pérez).
Comment faire en sorte que le Manifeste irrigue également d’autres milieux de travail du secteur social et médico-social, dont ceux destinés aux travailleurs en situation de handicap – en particulier les Etablissements et Services d’Accompagnement par le Travail (ESAT) ; sachant que ces lieux de productions marchandes ne relèvent pas du Code du travail mais du Code de l’Action Sociale et des Familles ?
Par ailleurs, qu’elle peut être la réception du Manifeste auprès de travailleurs indépendants, de salariés intérimaires, d’entrepreneurs salariés en CAE… des professionnels souvent en quête de nouvelles manières de travailler comme par exemple celles et ceux qui fréquentent des lieux de travail partagés, distincts du domicile et des locaux de l’entreprise que l’on appelle des tiers-lieux ?
Enfin, ne conviendrait-il pas de mettre en lumière la manière dont certaines des propositions figurant dans le Manifeste sont déjà plus ou moins à l’œuvre ou en gestation au sein de telle ou telle organisation ? Parmi ces propositions je pense en particulier à celle relative au « droit d’expression, délibération et décision des salarié·es sur leur travail ». Comment donner de la visibilité à des démarches, des dispositifs qui déjà promeuvent la mise en place et l’animation d’espaces/temps non subordonnés entre pairs sur le travail réel, à l’instar de certaines interventions en santé au travail qui se réclament des « ergodisciplines » ?
Ateliers Travail & Démocratie
Pour une enquête permanente sur la liberté au travail